The Haunting of Hill House, une série hantée du cul

Hello ça fait un moment vous et moi ! J’aimerais vous dire que j’avais pris une pause pour réfléchir sur moi-même ces derniers mois, un besoin d’introspection qui justifie cette distance vis-à-vis du blog…

Mais non en fait j’ai juste oublié de payer ma facture d’hébergement du site.

 

No comment

Mais je reviens avec un article solide qui me tient à coeur pour me faire pardonner ce silence : je vais vous expliquer pourquoi la série The Haunting of Hill House m’a bouleversée et les raisons pour laquelle je vous la recommande.

Avant cela, revenons aux origines de l’oeuvre (un grand merci à Julie Anna, spécialiste ciné/série La Crème sur JVTV, qui a tenu une superbe chronique et m’a donnée envie de regarder la série jusqu’au bout. Clique sur le lien précédent si tu veux voir le replay).

Tout commence avec un roman gothico-horrifique de Shirley Jackson, une auteure américaine née en 1916. Intitulé sobrement « Maison Hantée », il est considéré par la suite comme l’un des meilleurs romans fantastiques du 20ème siècle par Stephen King himself !

Ce livre a fait l’objet de plusieurs adaptations intitulées « The Haunting ». Une en 1963, largement appréciée par la critique, tandis que sa petite soeur de 1999 est plutôt décriée. Les trentenaires se souviendront de Scary Movie dont la deuxième itération parodie la maison hantée !

 

Et puis Mike Flanagan propose en 2018 « The Haunting of Hill House » sur Netflix. Une adaptation libre qui s’éloigne totalement du support d’origine (dans le livre, Théo est une artiste bobo, quant à Luke, il est le seul héritier Crain, et accueille dans sa maison une équipe menant des travaux sur le paranormal). Un choix scénaristique qui en dit long sur la vision du réalisateur de The Mirror ou encore Jessie. On sent une nette influence d’un autre roman de Shirley Jackson : « Nous avons toujours vécu au château », un drame familial où traumatismes et héritages maudits sont les maîtres-mots. Ceci explique donc ce parti pris de multiplier les personnages, les individualiser de manière forte afin que l’on comprenne mieux l’impact des liens familiaux brisés.

Je vous avoue que ma première motivation en regardant cette série était simple : me faire peur. ET LA VACHE OUAIS J’EN AI PRIS PLEIN LA GUEULE.

 

 

On a les screamers classiques, les jump scare, mais c’est le malaise profond que j’ai ressenti tout au long de la série, cette mélancolie et ce chagrin (j’ai perdu un proche aux environs de l’épisode 9, je vous raconte même pas la PLS) qui m’ont achevée.

ALORS ? ON S’ENDORT DEVANT LE RÔTI LA PUTAIN

  1. La réalisation

Mike Flanagan a réalisé « Pas un bruit » disponible sur Netflix avec Kate Siegel, son épouse IRL qui incarne également Théodora dans The Haunting of Hill House mais aussi Jessie, d’après un roman de Stephen King. Et j’ai adoré les deux, sans faire de complaisance. C’était surprenant, différent. Une expérience de l’horreur, du deuil et du macabre qui lui assure une crédibilité mais aussi un savoir-faire. Sa relecture est d’ailleurs publiquement applaudie par Stephen King !

« The Haunting of Hill House, revue et repensé par Mike Flanagan. D’ordinaire, je ne m’intéresse pas à ce genre de relecture, mais c’est ici génial. On est proche du génie, vraiment. Je pense que Shirley Jackson approuverait, mais qui peut réellement le savoir. »

Certains épisodes se démarquent clairement :

L’épisode 5 transforme un cauchemar d’enfant en tragédie personnelle à travers des mécanismes très intelligents qui ne sont pas sans rappeler Interstellar.

L’épisode 6 propose 2 plans séquence (un rush sans aucune coupure) très longs (l’un dure carrément 20mn). La tension est à son comble, les jeux des acteurs sont nerveux, ils n’ont ni interruption, ni indications pendant ces laps de temps. D’un point de vue photographique c’est très esthétique, et le rendu est sublimé par un casting ultra intense !

 

2. Le casting

Outre la ressemblance entre le cast jeune (exceptionnel dans sa maîtrise et sa sincérité) et adulte, les acteurs, dont certains visages vous seront certainement familiers, arriveront à vous toucher, vous agacer parfois. J’ai particulièrement apprécié Théodora (jeune et adulte), tandis que j’aurais volontiers poussé Shirley dans les escaliers, dès l’épisode 1.

 

3. Les Jump scare

Y en a, mais pas trop.

Wow. Développe surtout pas.

Y en a un en particulier qui m’a faite hurler, c’était terrible. Et un autre qui m’a carrément faite pleurer de terreur…Je vous jure que la sensation est à la fois incroyable, mais aussi terrifiante.

J’ai revu le GIF, j’ai sursauté, je partage ça avec vous, pas question que j’me chie dessus toute seule. #Batarde

 

4. L’atmosphère

L’un des coups de génie de Mike Flanagan a été de faire de cette maison un édifice inquiétant à chaque instant, même quand on ne s’en rend pas compte. De nombreux fantômes sont cachés dans des scènes, et bien que notre cerveau ne traite certainement pas l’info en priorité (voire décide l’occulter pour pas vriller dans mon cas) vu que notre attention se concentre sur les protagonistes, croyez-moi, votre rétine les voit. Pour pas vous spoil, je vous montre juste quelques images issus d’un Article qui répertorie les fantômes cachés. Une sorte de Où est Charlie mais que t’as pas envie de trouver.

5. L’écriture

L’histoire est belle, bien qu’elle soit terrifiante. Si vous enlevez les fantômes, les problèmes de drogue, les mitos et l’infidélité, les Crain, c’est une famille unie.

Non sans rire, j’ai rarement eu l’occasion d’entendre des choses aussi rassurantes sur la mort. Je ne m’étais jamais inquiétée du dernier souffle avant. J’ai eu pas mal de décès dans ma famille, donc je suis passée par cette douleur que l’on subit lorsque l’on perd quelqu’un, mais on va de l’avant et le Temps fait bien son travail.

Sauf que depuis peu ça m’angoisse légèrement… Alors entendre des choses aussi déterminées, aussi douces dans leur tourmente, c’était réconfortant. Car The Haunting of Hill House est avant tout une magnifique histoire sur le deuil : comment on décide de l’intérioriser, et puis de l’exprimer. Les Crain se le vomissent à la figure, et se penchent tardivement mais tout de même sur les autres, comme une vraie famille éclatée que le Temps finit par réunir à nouveau. La maison est hantée par leurs souvenirs, leurs joies et leurs peines. Elle est aussi le refuge qui les oblige enfin à se regarder les uns les autres. M’est avis qu’il est bien plus effrayant de se confronter à son chagrin et ses angoisses, qu’à un fantôme qui traîne dans le salon depuis un demi-siècle et qui a rien demandé.

 

Verdict ?

 

Cette série m’a réellement touchée. Elle dépeint avec une grande sincérité les drames de notre quotidien, la dépression et les traumatismes hérités sans en faire des caisses. Loin de nous plonger dans un pathos constant et écoeurant, The Haunting of Hill House réussit un sacré tour de force en faisant grimper la terreur, mais aussi la tristesse. Les acteurs sont habités, le Mal est polymorphe, il prend plusieurs formes et pousse l’angoisse à son paroxysme. Mike Flanagan n’hésite pas à aller au bout des concepts qu’il aborde sans les saborder.

Le réalisateur avait prévu une toute autre fin que vos pouvez lire ici, mais a changé d’avis sur le plateau de tournage. Définitivement attaché à ses héros, il a décidé de réécrire l’issue de son histoire au dernier moment ! L’épilogue étant très franchement marqué, il n’ouvre pas a priori sur une saison 2.

Mais regardez bien le titre même de la série :

 

« THE HAUNTING – of Hill House ».

 

Mike Flanagan proposera peut-être une anthologie des lieux les plus hantés dans une série « The Haunting » ? Affaire à suivre…

6 thoughts on “The Haunting of Hill House, une série hantée du cul

  1. J’ai l’impression que tout mon entourage succombe à cette série ! Elle a vraiment l’air ultra flippante et passionnante… Mais je n’ose pas franchir le pas (grande trouillarde que je suis) ! Si un jour j’ai une envie d’avoir peur, je me tournerai vers cette série en tout cas 😂

    Je suis contente de retrouver un article après une petite année de pause ! J’espère qu’il y en aura d’autres car c’est super intéressant d’avoir un écrit plus développé et structuré que ce que tu peux publier sur Instagram/Twitter 😄

    1. Honnetement, ça peut se regarder seule mais c’est sur qu’à 2 c’est plus rassurant ^^
      Oui je vais reprendre ce blog il m’avait manquée ^^! j’adore partager mes pensées avec vous

  2. Hello,

    Merci pour ton article sur cette série. Je ne l’ai pas encore regardé mais je pense qu’elle va bientôt fini dans ma liste des séries à regarder (d’abord Sabrina haha !).

    Bises

    Amélie @witchimimi

    1. Hey ^^ j’espère que la série te plaira, elle vaut vraiment le détour en terme de réalisation et scénario ! Sabrina j’accroche pas encore tout à fait mais je vais insister ^^

Exprime toi, je lis tout !

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